XI°siècle - Le prieuré
Alain Canhiart, Comte de Cornouaille, sera à l'origine de la cité d'aujourd'hui. Ce sera lui, qui, en 1031, confiera les terres de "l'immunité du saint " (l'ancien nemeton), qui englobent l'ermitage de Ronan, aux moines bénédictins de l'abbaye de Quimperlé qu'il vient de créer.
Peu après, s'élèvera une première église romane à l'emplacement de l'oratoire de Ronan.
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XIII° siècle - Pierre Mauclerc
L'endroit va prospérer du fait de l'afflux des pèlerins sur la tombe de Ronan, et de la protection des Ducs de Bretagne car la famille des comtes de Cornouaille a, entre temps, accédé à la tête du Duché.
Au début du XIII°s, Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, transformera la petite communauté de moines, en véritable prieuré.
A la même époque, un chanoine du châpitre de la cathédrale de Quimper entreprend d'écrire l'hagiographie de Ronan.
Cette vie de saint Ronan est étudiée de très près actuellement, car le chanoine, dont le nom nous est resté inconnu, a puisé pour écrire cette vie miraculeuse dans des textes très anciens, et des traditions orales bien antérieures à la christianisation du nemeton, entre autres la possibilité de l'existence du quadrilatère sacré des traditions indo-européennes dans ce haut lieu celtique .
XV° siècle - L'église priorale
L'ancienne église romane devenue bien trop petite pour accueillir tous les pèlerins, la manufacture de toile à voiles s'étant développée, l'idée naît de construire une nouvelle église, plus spacieuse.
Commencés en 1420 sous le règne de Jean V, les travaux se poursuivront sous Arthur III (comte de Richemont et compagnon de Jeanne d'Arc) et seront terminés en 1477 sous le règne de François II (père d'Anne de Bretagne) qui l'aura voulu "en forme de cathédrale".
Locronan du Bois (Lokournan Coat Nevet) s'enorgueillira ainsi d'une
magnifique église gothique voûtée de pierre et dont le clocher culminera
à près de 70 m.
Ce clocher sera trois fois abattu par la foudre : reconstruit à deux reprises
(en 1640 et en 1722), il n'en restera, après la troisième chute, en 1808,
que la massive tour carrée qui, outre sa flèche, aura même perdu ses arc-boutants…
L'église sera dotée de grandes orgues installées en 1672 par le célèbre Thomas DALLAM.
XVI° siècle - Anne de Bretagne
Anne de Bretagne, si chère au cœur des Bretons, vouait une dévotion toute particulière à saint Ronan. L'une de ses filles fut appelée Renée en hommage au saint à qui elle attribuait ses nombreuses maternités.
Anne de Bretagne tint à manifester d'une autre manière son profond attachement à saint Ronan en faisant édifier, contigüe à l'église priorale, la chapelle du Penity pour donner au tombeau du saint un écrin digne de lui.
Après la mort de son premier mari, Charles VIII, elle revint en Bretagne, et tint à visiter tout son duché.
C'est à cette occasion qu'elle accorda, en 1505,à Locronan le titre de ville.
XVII° siècle - Les barons de Nevet
Les sires de Névet apparaissent au cours du XII°s. pour s'affirmer à la fin du XIII°s. Au XVII°s., ils dominaient huit paroisses autour de Locronan. Leurs armes étaient "d'or au léopard orné de gueules", et leur devise : "PERAG" (en français : "Pourquoi?"). Elles sont visibles, en bas et à droite, sur la maîtresse vitre de l'église de Locronan.
XVIII° siècle - La cité de granit
Le développement de la Manufacture de toile à voiles ainsi que les nombreuses exemptions d'impôts accordées par les Ducs à chacune de leurs visites à Locronan contribuèrent au développement de la cité et à l'enrichissement des négociants.
Aussi, à partir du XVI° s., la ville s'orna-t-elle de magnifiques demeures, formant un cadre idéal à l'église priorale, et témoignant de la richesse de la cité : négociants, officiers du Roy, Compagnie des Indes, notaires…, démontrèrent leur puissance, et nous laissèrent un magnifique témoignage de l'architecture de la Renaissance bretonne.
De nombreux artisans s'installeront à Locronan : la gamme habituelle des métiers indispensables à toute collectivité, mais de façon typique, un lamier (fabricant des cadres métalliques des métiers à tisser) et des métiers d'art : peintres, doreurs et vitriers …et un "maistre tailleur de pierres et architecteur de bastiments".
La rue Moal et la rue saint Maurice seront les rues des tisserands et des artisans. La rue Moal füt le quartier le plus animé de Locronan, celui des tisserands. Il s'y trouvait un hôpital Saint Eutrope près d'une chapelle du même nom. De ces deux bâtiments, il ne reste que quelques pans de murs. Au bas de la rue, se dresse toujours une autre chapelle dédiée à N.D. de Bonne Nouvelle (XV°-XVII° s.), près d'une fontaine monumentale portant l'inscription "I.CONAN.MARCHAND DE TOILE L AN 1698" et d'un lavoir.